Rédacteur pour Geyser (groupe Cossette)
Employeur : Geyser (Groupe Cossette)
Poste : rédacteur
Durée : 1993 - 1997
Statut : salarié à temps pleinRôle principal : adaptation English to français de contenus B2C, B2B de toutes sortes pour des campagnes ou des pièces individuelles, recherche/analyse/branding numérique (création de noms de domaine), arborescences de sites web, pochettes de presse, allocutions, emballages et nomenclatures.
Références : Jean-Luc Rich, directeur des services de traduction à la Banque Scotia
Jean-Luc Viard-Gaudin, directeur de la filiale Geyser, actuellement Directeur général d’Identica Londres - Moscou
Pierre Léonard, directeur de la création chez Graphème, actuellement …
Peter Drummond, chef de projets, actuellement Senior Advisor LEVEL5 Strategic Brand
Patrick Pearce, chef de projets, actuellement …
Patty Barber, Cossette Toronto
Julie “ça va me revenir”, Cossette Toronto
Stefano Bertolli, conseiller chez Graphème, actuellement …
Michel Richard, d.a. chez Graphème, actuellement VP de la création chez Canöe
À l’été 1993, je travaille à la boutique de presse sur Saint-Laurent, entre les rues Sherbrooke et Prince-Arthur.
Au-dessous d’une discothèque. À côté d’une discothèque. En face de discothèques. Atchikiboum-atchikiboum-atchikiboum-boum. Les souliers à talon haut se faisaient aller. C’était le hot spot de la faune montréalaise.
Être dans une boutique remplie de magazines, je journaux et de livres me rendait fiévreux. Comme un enfant dans un magasin de bonbons !
Je découvrais plein de bonnes choses. Des journaux de grande qualité regardaient les feuilles de choux de haut. La quantité phénoménale de journaux et magazines, c’était allussinant ! Des revues d’architecture à 30 piasses côtoyaient les potins de la colonie artistique. Guitar Player se disputait avec les revue porno qui effeuillaient de partout.
Toutes sortes de gens venaient s’abreuver là. Des artistes, des journalistes comme Claude Gingras, si désagréable et hautain. Robert Lévesque et ses étonnants choix de revues… Des gens de qualité dont Robert Pilon qui oeuvrait à l’ADISQ à l’époque, un veilleur reconnu. Tous les mardi, on devait bien recevoir une tonne de papier, certain. Je travaillais rarement ces jours-là, tant c’était complexe de retirer les revues, mettre les nouvelles éditions et servir les clients en même temps qui pigeaient à qui mieux-mieux, les rustres, dans les éditions non estampillées encore.
Aaaah, c’est dur dur, parfois.
Un jour, je tombe sur ce beau numéro spécial, “Cossette se met à nu” que les Éditions Info Presse avait concocté sur Cossette, réputée pour ses façons de faire, ses campagnes de choc, ses artisans de chic.
Je lis je lis. J’y apprends à un moment donné que cette agence recrute des gens de communication et de marketing. Certes. Et aussi des gens issus du théâtre (ah)… du cinéma (ah ben)… de la danse (ahhh bon), tous domaines que j’ai déjà couverts comme journaliste…. du… journalisme (aaaahh ouin??), tous gens ayant la parole et l’écriture au coeur de leur vie.
J’avais le coeur qui pompait.
Puis, ce fut le coup de masse qui résonne encore :
Tous ceux qui veulent progresser ne restent jamais bloqués.
Wow ! Je la relis. Legit, legit, relegit.. C’est le vp exécutif national qui dit ça.
Hé ben François Duffar a reçu un cv de Richard Gauthier quelques semaines plus tard. J’avais jamais fait de pub as is mais j’étais excité. Atchikaboum. J’avais le pressentiment que.
Sauf que là, je savais pas trop comment attirer l’attention de ces magiciens de la communication, première condition d’une sélection en communication. Avec la belle Judith du Paquet-Cadeau, brasse-brasse les idées.
Puis vint le flash. Toujours aussi simple. C’est la mue, une nouvelle vie. A star was born. Le téléphone sonne sonne chez mes parents.
- Moman ? As-tu ça une photo de moi tout petit et tout nu ? Genre à un an, ou autour ?
Le cerbère de l’album photo familial se fait aussitôt entendre :
- Qu’esse-tu veux faire avec ça ? Chu pas pour te donner toutes les photos, là ! (Ça a vraiment le sens de l’hyperbole une maman.)
- Non non, juste une photo, juste une pis une belle. C’est pour une bonne cause !"
- C’est pas pour une fille au moins, comment elle s’appelle ?"
- Momannnnnnn !!"
Bref, ça a donné une photo d’un bébé de treize mois en grand plan avec ses grands yeux curieux sur une feuille colorée de 11 par 17 plié en deux. Richard Gauthier se met à nu. Le cv ne pouvait être manqué. Quand je suis rentré dans la maison de campagne sur la rue Docteur-Penfield pour le remettre à qui de droit, la réaction fut vive :
- "Ahhhhh le beau bébé ! s’est exclamée Marcelle Leclair, l’adjointe du grand vizir" Comme 70 % des gens en agence sont des femmes, tout le monde avait vu mon cv dans l’heure qui avait suivi.. :- ))
Une semaine plus tard, je reçois un appel de Jacques Labelle, alors le grand manitou de la création : "Richard, je veux te rencontrer. Il paraît que tu étais un beau bébé…"
J’ai passé trois ans et demi chez Geyser, de 1993 à 1997, à l’époque une des filiales du groupe Cossette, qui se spécialisait dans le branding et l’image de marque. Pour les curieux, Geyser fut englouti par Graphème qui fut à son tour engloutie par Identica il y a peu.
J’y ai fait de la rédaction, de la création et de l’adaptation English to français, mes premières arborescences web. Je gérais mes projets directement avec Cossette Toronto d’abord, d’où je recevais le plus gros de mes mandats, puis de plus en plus avec Pierre Léonard, alors le directeur de la création chez Graphème :
filiales du Groupe (Toronto, Montréal), Banque Scotia, Digital, Bell Canada, Téléglobe, Stentor, Quebecor Multimédia, Nike, Télé-Québec, Janssen Pharmaceutica, Néomédia, Info-Presse Communications, Caractéra, CESAM, Lindt, Bureau laitier du Canada, Borden-Catelli, Claritin, Expos de Montréal, Inglis, Samuelsohn, Bombardier, Provigo, Restaurants McDonald, Croix-Bleue.
J’étais payé pour apprendre.
C’est-ti pas beau la vie?

